Les chiffres de l’alcoolémie en France

04/07/2018
Les chiffres de l’alcoolémie en France

Les statistiques¹ révèlent une forte intensification des contrôles d’alcoolémie depuis dix ans. Ce volontarisme des pouvoirs publics s'est logiquement traduit par une hausse importante du nombre de sanctions et de condamnations prononcées à l'égard des conducteurs alcoolisés. Pourtant, l'alcool reste la cause principale d'accidents mortels, touchant plus particulièrement les buveurs occasionnels et les jeunes conducteurs...

Des contrôles toujours plus présents

Parallèlement aux efforts de prévention et au durcissement des sanctions, les dépistages réalisés par les forces de l’ordre se sont fortement accrus entre 2000 et 2016, passant de 6,4 à près de 10 millions de contrôles par an. Le taux de conducteurs en état d’ivresse a lui aussi augmenté : il représente 3,9 % du total des usagers contrôlés en 2016, contre 2 % en 2000.

Plus de 130 000 conducteurs ont notamment été contrôlés avec 0,8 g ou plus d’alcool/litre de sang (+2.2% par rapport à 2015).

Cette évolution ne signifie pas forcément que la conduite en état d'ivresse est devenue plus fréquente chez les conducteurs français. Elle est surtout due à un meilleur ciblage des contrôles policiers (en soirées, le week-end, aux abords de discothèques…) qui permettent d’intercepter un plus grand nombre de conducteurs en infraction.

De plus en plus de conducteurs sanctionnés

L’amplification des contrôles positifs s’accompagne logiquement d’une hausse des sanctions, administratives comme judiciaires.

18% des condamnations pour délits sanctionnent une conduite en état alcoolique. La conduite en état alcoolique représente plus de trois infractions sur quatre dans les infractions relatives aux règles de conduite et est le premier groupe de condamnations avec environ 115 000 condamnations, en baisse de 21 % par rapport à 2011. 

Plus de 7 800 annulations judiciaires de permis ont notamment été enregistrées en 2016 suite à une conduite sous état alcoolique (impliquant de repasser l'examen pratique et/ou théorique à l’issue d’une période d’interdiction de plusieurs mois).

Si les peines d’emprisonnement restent exceptionnelles (et stables pour la huitième année consécutive avec près de 7 % des sanctions prononcées), elles ont toutefois concerné 30 000 conducteurs en 2015. Ces peines, d’une durée moyenne de 4 mois, relèvent de plus en plus fréquemment de la prison ferme (20 % des peines privatives de liberté pour alcoolémie). Le montant moyen des amendes n’évolue pas non plus et s’établit à 305 euros en 2015.

Les sanctions administratives, amendes et retraits de points pour conduite en état d’ivresse ont connu une forte progression à partir de 2009 mais suivent désormais des évolutions contrastées : -1.9 % pour les alcoolémies « contraventionnelles » (comprises entre 0,5 et 0,8 g/l de sang) et +2.2 % pour les alcoolémies délictuelles (supérieures à 0,8 g/l de sang).

Le profil type des conducteurs alcoolisés

L'alcool a provoqué 30 % des accidents mortels en 2016.  Les conducteurs alcoolisés sont très majoritairement des hommes (90 %), des jeunes de 18-35 ans (25%) et sont dans la plupart des cas des buveurs occasionnels. C'est le plus souvent la nuit, le week-end, sur des routes secondaires hors agglomération que ces conducteurs se trouvent impliqués dans un accident.

Pour les assureurs, le profil des conducteurs avec antécédents d'alcoolémie agit souvent comme un repoussoir. Certaines compagnies proposent néanmoins des formules de type « assurance auto alcoolémie » pour leur permettre de réassurer leur véhicule.

¹Sources : Bilan statistique du comportement des usagers de la route 2016, Ministère de l'Intérieur ; Données détaillées de l'accidentalité (http://www.securite-routiere.gouv.fr/medias/les-chiffres-de-la-route/les-chiffres-de-l-alcool)

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