L’alcoolémie en Europe

04/07/2018
L’alcoolémie en Europe

La conduite en état d’alcoolémie constitue en France un enjeu majeur de santé publique. Elle fait à ce titre l’objet de sanctions de plus en plus lourdes : diminution de points, voire retrait de permis de conduire, amendes, poursuites pénales, résiliation d’assurance auto… Les préoccupations françaises rejoignent ici celles des autres États européens, qui présentent toutefois des particularités en termes de consommation d’alcool et de législation.

Consommation d’alcool : une culture européenne ?

10,8 litres d’équivalent alcool pur : c’est la moyenne de la consommation annuelle européenne par adulte. L’Europe détient ainsi le record mondial de l’alcoolémie… Cette moyenne a pourtant baissé quasiment de moitié depuis les années 1970 : en France par exemple, elle s’élevait à 21 litres il y a 40 ans, contre 12 litres en 2011.

Parmi les pays qui consomment le plus d'alcool figurent, aux côtés de la France, la Lituanie, le Portugal, l’Autriche et la République tchèque. La consommation dépend de traditions culturelles et gastronomiques propres à chaque région. On boit notamment davantage de vin dans le Sud de l’Europe, territoire des plus beaux vignobles, et on préfère la bière dans le Nord, où de nombreux brasseurs sont actifs.

A contrario, les pays européens les plus sobres sont Malte et la Norvège. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l'alcool ne représente pas dans ces pays un véritable enjeu de santé publique ! Si les Norvégiens consomment peu d'alcool en moyenne (moins de 7 litres par an), les excès à l’occasion de soirées festives existent et préoccupent les autorités, au même titre que dans d'autres pays de l'UE.

Différentes politiques de sanction de l’alcoolémie au volant

La Commission européenne a recommandé l'adoption par tous les pays d'un taux normal autorisé ne dépassant pas 0,5 g/L. Cette harmonisation semble se faire peu à peu puisque 18  Etats membres ont déjà appliqué ce taux. Mais le risque représenté par la conduite en état d’ivresse est traité différemment selon les pays. 

L’interdiction totale de l’alcool au volant a été privilégiée par 4 États d’Europe de l’Est : la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Roumanie.

Certains pays ont également mis en place un taux d'alcoolémie plus bas pour les jeunes conducteurs, considérés comme une population à risque : Espagne à 0,3 g par litre de sang, Grèce, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, France à 0,2 g/l de sang, Autriche à 0.1 g/l de sang et même une interdiction totale pour la Croatie, l'Allemagne, l'Italie et la Slovénie.

Enfin, le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte restent les seuls à tolérer la conduite jusqu’à 0,8 g d’alcool.

Vers une convergence des législations européennes ?

Avec encore 1 accident de voiture sur 4 dû à l’alcool, l’Europe travaille à renforcer la sécurité routière, en invitant ses membres à s’engager tant sur la prévention que sur la répression.

Parmi les principaux objectifs retenus, assurer l’effectivité des sanctions de l’alcoolémie au volant. Les pays appliqueraient en effet trop inégalement leur code de la route respectif, du fait de contrôles routiers plus ou moins systématisés.

Et si l’harmonisation des limites légales d’alcoolémie n’est pas encore à l’ordre du jour, les instances de l’Union Européenne préconisent vivement à leurs membres d’autoriser la conduite uniquement en dessous du seuil « commun » de 0,5 g d’alcool.

 

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